24/03/2018 -

Conseil spécialisé oléo-protéagineux du 20 mars 2018

Le conseil spécialisé de FranceAgriMer pour les filières « oléagineux, protéagineux, fourrages séchés et plantes textiles » s’est réuni le 20 mars 2018 sous la présidence de Jacques Siret pour examiner la situation du marché des oléo-protéagineux, prendre connaissance du plan de filière de Terres Univia et de la charte « soja de France », débattre du projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et agroalimentaire.

Monde : prix des tourteaux et des graines de soja orientés à la hausse

L’USDA a revu à la baisse ses prévisions de production mondiale de graines oléagineuses à 574,5 Mt (millions de tonnes), dont 341 Mt de soja, 74 Mt de colza et 46 Mt de tournesol pour 2017/18. Les cours des tourteaux de soja sur le marché à terme américain ont nettement progressé, tirés à la hausse par une forte contraction de la production de l’Argentine, premier exportateur mondial de tourteaux de soja, et par une demande mondiale très dynamique. Le marché des graines évolue en sympathie avec le marché directeur du tourteau. A contrario, les cours de l’huile de soja évoluent à la baisse, sous l’effet de prévisions de stocks de palme lourds chez les principaux pays producteurs, notamment l’Indonésie et la Malaisie, qui pèsent sur le marché des huiles.

Union européenne : trituration record de graines oléagineuses prévue pour 2017/18

Selon les dernières prévisions de la Commission européenne, la trituration de graines oléagineuses dans l’Union européenne pourrait atteindre un record, à 48,5 Mt, tirée par le colza et le tournesol, la trituration de soja restant stable voire en légère baisse par rapport à 2016/17. Pour la récolte 2018, le Coceral table sur une production européenne de colza en très légère hausse à plus de 22 Mt. La production européenne de soja pourrait grimper à près de 3 Mt alors que la production de tournesol fléchirait à 8,6 Mt.

France : réduction des importations de soja

Pour 2017/18, FranceAgriMer maintient ses prévisions de trituration de colza à 4,3 Mt, en recul de 110 000 tonnes par rapport à 2016/17. À l’inverse, les exportations françaises de colza sont prévues à 1,5 Mt, en hausse de 120 000 tonnes par rapport à la dernière campagne. La trituration de tournesol est estimée en progression à 1,3 Mt (+ 120 000 tonnes par rapport à 2016/17) ainsi que les exportations de tournesol destinées principalement à l’Espagne. La trituration et les exportations de soja pourraient rester stables par rapport à 2016/17. Les importations de soja sont attendues en recul à 0,7 Mt (- 0,2 Mt par rapport à la dernière campagne) en raison de la bonne récolte engrangée en 2017, en hausse de 20 % par rapport à 2016.

Côté protéagineux, si l’Inde a prorogé jusqu’à la fin de l’année 2018, l’autorisation de traitement au bromure de méthyle pour les pois importés à leur arrivée sur le sol indien, elle a revanche, mis en place des droits à l’importation prohibitifs qui bloquent les exportations françaises vers cette destination. Concernant la féverole, la perte du débouché égyptien pour cause de bruche est compensée par le dynamisme des achats de la Norvège pour nourrir ses élevages de saumon.

Focus sur la luzerne déshydratée : surfaces et production en baisse tendancielle en France

En dépit de ses atouts agronomiques et environnementaux, la luzerne déshydratée, plante riche en protéines qui fixe l’azote et filtre les nitrates, voit ses surfaces et sa production tendanciellement diminuer en France depuis 10 ans, malgré un sursaut en 2014. Des opportunités existent pourtant à l’exportation, notamment vers l’Arabie saoudite qui va stopper sa production nationale suite à l’interdiction d’irriguer les fourrages pour préserver la ressource en eau. Ce marché représente un potentiel de 2 à 3 Mt de balles de luzerne par an. L’Iran est également un marché à conquérir, la France a d’ailleurs envoyé ses premiers lots début 2018.

En France, la luzerne déshydratée est produite sous forme de balles (30 % de la production) ou de pellets moins bien valorisés en termes de prix (70 % de la production). Au niveau national, le secteur laitier reste le débouché principal. L’essentiel des exportations françaises est destiné au nord de l’Union européenne, Belgique, Allemagne, Pays-Bas principalement.

Pour en savoir plus, consulter ci-dessous, l'intégralité du communiqué de presse et les documents diffusés au conseil.