Attentes des consommateurs en matière d'étiquetage des produits aquatiques en grande distribution et en poissonnerie artisanale
Date de publication : 17/10/2023
Ce document présente les résultats de l’étude des attentes des consommateurs en matière d'étiquetage des produits aquatiques, réalisée par Mer Conseils et Scanning pour FranceAgriMer.
Cette étude a été réalisée dans le cadre des révisions des règlements européens (OCM Pêche et INCO) en matière d’étiquetage des produits aquatiques, notamment les mentions obligatoires de l’origine et des modes de production.
Méthodologie
Cette étude est basée sur un travail bibliographique et sur trois enquêtes consommateurs :
• une enquête sur les points de ventes ;
• une enquête qualitative (groupes focus) exploratoire ;
• une enquête quantitative en ligne.
Les échantillons de consommateurs ont été choisis de manière à cibler le plus large panel d’acheteurs.
Des questions ont été posées sur les mentions règlementaires et les mentions pouvant être plus explicatives et valorisantes comme le port de débarquement et la région d’élevage.
Résultats
Selon l’étude quantitative réalisée auprès de 750 consommateurs, 93 % des acheteurs déclarent faire attention à l’étiquetage des produits aquatiques, et 66 % déclarent même avoir déjà renoncé à un acte d’achat en raison d’un manque d’information.
Au cours des trois enquêtes, il est ressorti que les images portées par les produits aquatiques sont essentiellement la fraîcheur et la naturalité.
Parmi les consommateurs interrogés sur les lieux de vente, les cinq principaux critères d’achat cités sont : le prix, le plaisir, la fraîcheur, mais aussi la provenance et la méthode de production (pêche vs élevage). Ces trois derniers critères, actuellement concernés par l’étiquetage, sont également spontanément cités par les consommateurs de l’étude quantitative : 72 % des acheteurs citent la provenance comme critère important, 37 % la fraîcheur et 23 % la méthode de production. Cependant, les discussions sur l’étiquetage actuel font ressortir que les mentions aujourd’hui obligatoires « sous zone de pêche » et « technique de pêche » sont mal comprises par les consommateurs, qui se représentent mal les zones et les engins. Ainsi, sur les lieux de vente, 64 % des personnes interrogées jugent inutile la mention « technique de pêche » et 59 % la mention « zone de pêche ». De manière générale, 83 % des consommateurs ont tout de même déclaré que les informations actuelles des étiquettes étaient très ou assez utiles.
Le comportement des consommateurs vis-à-vis de l’étiquetage est différent selon que l’acte d’achat est réalisé en stand traditionnel ou en rayon libre-service. Dans les rayons libre-service, les étiquettes permettent aux consommateurs de se renseigner sur la date limite de consommation ou date de durabilité minimale et sur la liste des ingrédients, tandis que dans les stands traditionnels, les conseils du poissonnier sont les principaux déterminants de l’acte d’achat, notamment du fait de pics prix difficiles à lire. Dans les deux cas, l’étiquetage tel qu’il est fait actuellement est souvent considéré comme compliqué à lire (distance aux pics prix, taille des caractères, quantité d’informations excessive…), et peu explicite. L’excès d’informations fait parfois émerger plus de questions qu’il n’apporte de réponses, notamment sur la zone de capture, qui prête à confusion.
Conclusion
L’étude a permis de rendre compte du fait que les consommateurs ne rejettent pas les mentions actuelles d’étiquetage, mais qu’ils demandent une clarification et une simplification de celles-ci. Ils ont besoin d’informations simples et compréhensibles. Pour éclairer leur choix, certains émettent l’idée de l’affichage d’un score selon des thématiques comme la provenance, la durabilité, le caractère social et le bien-être animal.