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Conseil spécialisé « Grandes cultures-marchés céréaliers » du 10 novembre 2021

Le conseil spécialisé « grandes cultures-marchés céréaliers » de FranceAgriMer s’est réuni le 10 novembre 2021, sous la présidence de Benoît Piètrement pour examiner la conjoncture des marchés céréaliers au niveau national, européen et mondial et valider les nouvelles prévisions de commercialisation des céréales françaises en 2021/22. Le cabinet Agrex Consulting a également présenté en avant-première les principaux résultats de la veille concurrentielle menée sur le blé tendre pour l’année 2019.
Mots-clés : céréales, blé tendre, blé dur, orges, maïs, collecte, consommation, exportations, prévisions, compétitivité, Commerce extérieur, Commerce International, prix, COTATIONS, meunerie, amidon, alimentation animale, éthanol
Exportation de blé au départ du Port de Rouen
Le prix du blé meunier continue d’augmenter sur Euronext

Le cours du blé meunier continue d’augmenter sur Euronext. Au 5 novembre 2021, le blé meunier cotait 288 €/t sur Euronext, en hausse de 46 % par rapport à l’an dernier à la même date et de 62 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Il a atteint 292,75 €/t le 2 novembre, au plus haut depuis 2008. Les tensions sur les bilans des principaux pays exportateurs, les coûts élevés de l’énergie qui impactent le transport et les coûts de production agricole, la perspective d’un quota russe à l’export début 2022 et les récents appels d’offres de l’Arabie saoudite, de retour aux achats, sont autant de facteurs qui expliquent cette évolution.

A contrario, les cours du maïs semblent se stabiliser mais restent néanmoins élevés : après avoir atteint 249 €/t le 8 octobre, le maïs cotait 238,5 €/t le 5 novembre en rapproché, un prix supérieur de 27 % par rapport à l’an passé et de 42 % par rapport à la moyenne quinquennale. Malgré les bonnes perspectives de production en Europe et en Ukraine, les retards de récolte et la hausse des coûts de l’énergie et du fret entretiennent un niveau de prix élevé.

Prévisions de commercialisation des céréales françaises en 2021/22

 Blé tendre : révision à la baisse des débouchés, face à un maïs plus compétitif et à la concurrence internationale

Les disponibilités de blé tendre français pour le marché, intégrant collecte, stock initial et importations, sont révisées à la hausse à 35,5 Mt par FranceAgriMer (+ 0,2 Mt par rapport aux prévisions d’octobre) dans le sillage des nouvelles estimations de récolte du SSP à 35,4 Mt.

Sur le marché français, les prévisions d’utilisation de blé tendre par les fabricants d’aliments du bétail français sont revues à la baisse à 4,75 Mt (- 0,4 Mt par rapport aux prévisions d’octobre), face au regain de compétitivité du maïs dans les rations animales.

Les prévisions de ventes de blé tendre vers l’Union européenne sont également révisées à 7,8 Mt (- 0,2 Mt) pour la même raison. Les exportations vers les pays tiers sont, pour leur part, désormais attendues à 9,4 Mt (- 0,2 Mt), en raison des prix très compétitifs des blés argentins et australiens à l’international.

Seules les utilisations par l’amidonnerie, la meunerie et l’éthanolerie sont révisées à la hausse sur le marché domestique (+ 0,2 Mt au total), en raison de la reprise économique de ces secteurs après la pandémie et de la demande en bioéthanol dopée par l’évolution du prix du pétrole. Le stock de blé de fin de campagne s’établirait à près de 3,2 Mt, en hausse de 0,8 Mt par rapport aux dernières prévisions, sous l’effet conjugué de la hausse des disponibilités et du recul des prévisions d’utilisations en alimentation animale et à l’export.

Premières prévisions pour le maïs grain : des exportations attendues en hausse

Sur la base des premières estimations de récolte de maïs par le SSP, FranceAgriMer prévoit des disponibilités pour le marché supérieures à 14 Mt, en hausse par rapport à l’an dernier.

Les prévisions d’utilisations sur le marché national sont, à ce stade, maintenues au même niveau que l’an dernier : 3,2 Mt pour la fabrication d’aliments du bétail, 1,75 Mt pour l’amidonnerie et 0,5 Mt pour la fabrication d’alcool y compris bioéthanol.

Les prévisions de ventes vers l’Union européenne sont portées à près de 4,8 Mt, en hausse de 0,75 Mt par rapport à 2020/21 grâce aux disponibilités et au regain de compétitivité du maïs par rapport aux autres céréales fourragères. Les exportations vers les pays tiers, notamment le Royaume-Uni, pourraient également progresser à 0,55 Mt. Sur la base de ces premières prévisions, le stock de fin de campagne s’établirait à près de 1,9 Mt.

Orges : des disponibilités revues à la hausse mais peu de changement pour les prévisions d’utilisation

Concernant l’orge, peu de changements sont à noter par rapport au mois dernier, hormis l’augmentation des disponibilités pour le marché de 0,1 Mt à plus de 10,7 Mt, dans le sillage des nouvelles prévisions de production du SSP et de collecte par les services régionaux de FranceAgriMer. Sur le marché français, seules les prévisions d’utilisations par la malterie sont portées à 0,3 Mt (+ 50 000 tonnes par rapport au mois dernier) mais les prévisions d’exportations de malt sont diminuées d’autant. Les prévisions d’utilisation par les fabricants d’aliments du bétail français (1,1 Mt) et d’exportation de grains (2,8 Mt vers l’Union européenne et 3,2 Mt vers les pays tiers) sont quasi inchangées par rapport au mois dernier. Au total, le stock s’établirait à 1,4 Mt en fin de campagne, en hausse de 0,1 Mt par rapport au mois dernier, en raison de la hausse des disponibilités.

Blé dur : légère revalorisation des disponibilités, détente des stocks

Les disponibilités de blé dur pour le marché sont ajustées à la hausse à près de 1,9 Mt (+ 30 000 tonnes par rapport au mois dernier), en ligne avec les nouvelles prévisions de récolte du SSP. Les prévisions d’utilisations par la semoulerie française (0,5 Mt) et les prévisions d’exportations de grains vers l’Union européenne (0,85 Mt) et les pays tiers (0,2 Mt) sont maintenues au même niveau que le mois dernier. Le stock de fin de campagne se détendrait légèrement à près de 160 000 tonnes.

Résultats de la veille concurrentielle sur le blé tendre pour 2019

Malgré des exploitations de taille plus réduite par rapport à ses principaux concurrents et une clientèle historique encore centrée sur l’Union européenne et l’Afrique en 2019, la France joue dans la cour des grands en matière d’exportation de blé. Avec des rendements élevés même s’ils ont tendance à stagner et à subir des accidents climatiques de plus en plus fréquents ces dernières années, la France bénéficie d’atouts : bonne organisation de la filière, proportion très élevée de  blé meunier dans la production, régularité des exportations. Elle conserve en 2019 la quatrième place du classement de la veille concurrentielle, établi par Agrex consulting sur la base de multiples critères de compétitivité concernant le potentiel de production, les facteurs agroclimatiques et macroéconomiques, le portefeuille et le potentiel de conquête des marchés, l’organisation des filières…

Mais la France doit compter avec des concurrents majeurs comme la Russie, en tête du classement 2019, avec des coûts de production et de main d’œuvre faibles. Les rendements à l’hectare et la logistique, qu’il s’agisse du transport ou du stockage, restent les points faibles de ce pays mais progressent.  

À la seconde place, les États-Unis, deuxième exportateur mondial après la Russie, dispose d’une grande diversité de pays clients et d’une capacité logistique très adaptée utilisant le fer et l’eau.

À la troisième place, le Canada dispose de blés de bonne qualité avec un système de classification reconnu à l’international et de bonnes capacités logistiques de stockage et transport. Pour autant, le pays reste handicapé par ses contraintes climatiques, son éloignement par rapport aux marchés porteurs et des coûts de production élevés.

Pour en savoir plus, consulter ci-dessous les documents de conjoncture débattus au conseil spécialisé « Grandes cultures-marchés céréaliers » du 10 novembre 2021

-          Bilans prévisionnels de novembre pour la campagne commerciale 2021/22

-          Diaporama sur la situation des marchés au niveau mondial, européen et français

-          Panorama des marchés céréaliers (indicateurs de novembre 2021) 

Photo : Port de Rouen

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