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Points-clés du conseil spécialisé Ruminants du 2 juin 2021

Le conseil spécialisé ruminants de FranceAgriMer s’est réuni le 2 juin 2021 sous la présidence de Bruno Colin et la vice-présidence de Michèle Boudoin. Retour sur les points essentiels abordés à l’occasion de ce conseil.
Mots-clés : bovins, ovins, lait, viande, Economie, compétitivité, chevaux, plan de relance, expérimentation, équidés, abattage, importations, exportations, consommation
Troupeau de Prim'Holstein au pré en Loire-Atlantique
Situation économique des filières ruminants
  • Conjoncture économique en 2021 : une hausse des coûts de production en élevage pas toujours rémunérée par le marché

La conjoncture des filières ruminants reste marquée en 2021 par la hausse des cours des matières premières pour l’alimentation du bétail et plus globalement par l’augmentation des coûts de production des éleveurs. Les cours des céréales et tourteaux sur le marché français sont orientés à la hausse depuis l’été 2020. En France, le prix des céréales (blé, orges, maïs) ont progressé d’environ 24 % entre août 2020 et avril 2021. Le cours du tourteau de soja brésilien a, pour sa part, augmenté de plus de 37 % et le tourteau de colza allemand de près de 34 %. Après une décrue en mars dernier, les prix des tourteaux sont repartis à la hausse en avril, observe FranceAgriMer.

En particulier, la « prime » du tourteau de soja non OGM (différence entre le cours du tourteau de soja non-OGM départ Sète et le cours du tourteau de soja conventionnel départ Montoir), désormais exigé par le cahier des charges label rouge en production bovine, est passée de 95 €/tonne en moyenne de juillet 2020 à décembre 2020 à 157 €/tonne début avril 2021, dans un contexte de disponibilités mondiales insuffisantes. Depuis cette cotation, les professionnels ont évoqué en conseil une prime qui aurait atteint 300 €/t en mai dernier. L’Inde, principal fournisseur de soja non OGM, aurait en effet sur-engagé à l’export sa récolte et pourrait retarder la commercialisation de sa prochaine récolte à l’international.

À la hausse des coûts de l’aliment du bétail, s’est ajoutée une augmentation des coûts de l’énergie et des engrais depuis septembre 2020. Conséquence, les coûts de production ont atteint des niveaux record pour toutes les filières ruminants lait et viandes (ovins et bovins) à partir du 4e trimestre 2020, au-dessus des maxima observés en 2013. La forte augmentation du prix de la poudre de lactosérum a également entraîné une hausse du coût de l’aliment d’allaitement pour les veaux.

Cette hausse des coûts de production n’est pas sans incidence sur la collecte française de lait de vache qui s’affiche en repli de 2 % depuis le début de l’année, même si d’autres facteurs interviennent : réduction du cheptel du fait des cessations d’activité laitière ou conditions météorologiques...

La collecte de lait de chèvre est également en repli depuis le début de l’année. Seules les collectes de lait de brebis et de lait de vache biologique ont progressé, respectivement de +1 % et + 8 %.

La hausse des coûts de production des éleveurs n’est pas toujours compensée par l’évolution du prix de vente de leurs animaux. Seules les cotations des agneaux de boucherie atteignent de nouveaux records au cours du premier trimestre 2021, autour de 7,5 €/kg de carcasse.  Le prix du lait de chèvre a également augmenté de 4 % en raison d’une amélioration de la qualité et d’une hausse du prix de base. Dans la filière viande bovine, les cotations des vaches sont soutenues depuis le second semestre 2020 par la demande des ménages en viande française, privilégiée dans les circuits de détail (+ 8 % pour la viande R3 et + 5% pour la viande O3).

En revanche, le prix réel du lait conventionnel est resté en retrait par rapport à 2020 tout au long du 1er trimestre, n’intégrant pas encore la hausse des coûts de production ni la hausse des prix des produits laitiers industriels, observée depuis le début de l’année. Le prix réel du lait bio a également décroché au mois de mars.

Les cotations des veaux nourrissons (veaux mâles laitiers de 45 à 50 kg) sont inférieures aux prix des années antérieures. Le coût de l’aliment d’allaitement fait en effet pression sur les prix d’achat. Les cours des veaux de boucherie, bien que supérieurs aux niveaux dégradés de 2020 et 2019, sont orientés à la baisse et semblent insuffisants pour répercuter les hausses des coûts de production sur la vente des carcasses. Enfin, les cours des broutards sont orientés à la hausse grâce à des exportations dynamiques en mars et avril, mais restent en deçà des niveaux des années précédentes.

  • Brexit : analyse des premiers mois de mise en œuvre de l’accord UE/Royaume-Uni

L’Institut de l’élevage (Idele) a présenté au conseil un premier bilan de l’accord de libre-échange conclu entre l’Union européenne et le Royaume-Uni suite au Brexit.

Déficitaire en produits laitiers et en viande bovine, le Royaume-Uni est en revanche excédentaire en viande ovine.

Concernant les produits laitiers, le déficit commercial britannique s’est dégradé de 121 000 € dès 2020, une première depuis 2015. Le recul des exportations (-262 000 €) a été plus important que celui des importations (- 140 000 €). En 2020, les importations britanniques de produits laitiers ont baissé de 4 % en valeur (- 11 % en provenance de France). Cette dynamique s’est accélérée au premier trimestre 2021, avec une baisse des importations britanniques en provenance de l’Union européenne de l’ordre de 20 % en valeur.

Concernant la viande bovine, la renationalisation du marché britannique s’est poursuivie en 2020, avec un recul des importations britanniques de 4 % en valeur et des exportations de 15 %. Sur les 2 premiers mois de 2021, les exportations du Royaume-Uni vers l’Union européenne ont diminué de 63 % par rapport à 2020, à 7 600 tec. Dans le même temps,  les exportations européennes vers le Royaume-Uni ont baissé de 33 % à  35 800 tec. L’Irlande, 1er fournisseur du Royaume-Uni en viande bovine a diversifié ses clients en 2020.

Concernant la viande ovine, les échanges britanniques se sont également contractés en 2020, de -7 %  pour les exportations comme pour les importations. Sur le premier trimestre 2021, les importations françaises de viande ovine britannique ont augmenté de 64 % par rapport à 2020 en vue de leur réexportation et non pour le marché français.

L’Idele a également fait le point sur les accords commerciaux signés ou en cours de négociation par le Royaume-Uni (Japon, Australie, Nouvelle Zélande, États-Unis…) et leurs impacts potentiels sur les échanges avec l’Union européenne.

  • Groupes de travail sur la compétitivité des filières

FranceAgriMer a restitué au conseil les principales conclusions des groupes de travail « Produits laitiers » et « Bovins-viande et vif » mis en place par l’établissement à la demande du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation en septembre 2019 pour réaliser un diagnostic partagé entre les Ministères concernés et les professionnels sur les raisons de la dégradation de l’excédent commercial agricole et agroalimentaire observé ces dernières années. Les groupes de travail se sont notamment attachés à identifier les facteurs de compétitivité prix et hors prix dans ces deux filières.

Un rapport complet comprenant une synthèse bibliographique ainsi que l’ensemble des travaux menés dans les différentes filières animales et végétales (10 au total) sera remis prochainement au cabinet du Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation. Le rapport sera discuté lors de la prochaine commission thématique Internationale de FranceAgriMer prévue le 24 juin 2021 en vue de déterminer les leviers d’action et les suites éventuelles à donner.

  • Bilan économique 2020 pour la filière du cheval de boucherie

L’IFCE (Institut français du cheval et de l’équitation) a présenté au conseil spécialisé de FranceAgriMer  les principaux chiffres- clés du bilan économique annuel 2020 sur la filière du cheval de boucherie, élaboré avec le concours de FranceAgriMer et qui sera mis en ligne prochainement sur le site internet de l’IFCE.

Les abattages d’équidés pour la filière boucherie sont encore en recul en 2020 de 15 % par rapport à 2019. Au plus bas depuis 10 ans, ils représentent moins de  6 840 têtes en 2020, soit trois fois moins qu’en 2013. La consommation totale de viande de cheval est également en net repli (- 21 %),  y compris les achats des ménages pour leur consommation à domicile (-11  %).  La viande de cheval reste la viande la plus chère à plus de 18 €/kg, selon Kantar.

Les importations de viande de cheval (environ 7 000 tonnes) sont en recul de 22 % par rapport à 2019. Les exportations françaises de viande de cheval sont également en repli de 19 % à 2 800 tonnes. Les exportations françaises de chevaux vivants destinés à la boucherie se sont contractées de 2  % en dépit d’une nette progression vers l’Italie qui représente 70 % des achats et dans une moindre mesure vers l’Espagne (26 % des achats). En effet, les ventes vers le Japon, troisième client de la France, se sont effondrées du fait de la pandémie de COVID.

Résultats de l’appel à projets expérimentation  2021

Les membres du conseil spécialisé ont été informés des résultats de l’appel à projets Expérimentation 2021. Sur 160 dossiers déposés par l’ensemble des filières agricoles, 45 projets ont été sélectionnés après expertise dont 3 concernent les filières ruminants, autour des problématiques de bien-être animal et d’environnement.

Plan de relance : point à date sur les mesures intéressant l’élevage

FranceAgriMer a fait le point sur les différents dispositifs gérés par l’établissement et intéressant les filières d’élevage.

Concernant le dispositif amont du plan protéine, destiné aux exploitations, deux mesures d’aides successives aux agroéquipements dotées de 20 millions d’euros (M€) chacune, ont rencontré un vif succès. 1170 dossiers ont été retenus au titre de la première vague sur près de 3 900 dossiers déposés. Ils concernent essentiellement du matériel destiné aux exploitations d’élevage.

Le second guichet, ouvert le 17 mai dernier, avec une liste de matériels éligibles ciblée sur la culture de plantes riches en protéines, a lui aussi été clos en quelques heures, avec 1 288 dossiers déposés pour un montant d’aide demandé dépassant 20 M€. Les dossiers sont en cours d’instruction. Le guichet d’aide à l’achat de semences pour les sursemis en légumineuses fourragères, doté de 2 M€ dans le cadre de cette deuxième vague, est quant à lui encore ouvert. Au 2 juin 2021, 835 dossiers avaient été déposés pour un montant d’aide de 0,9 M€.

Concernant l’appel à projets pour la structuration de filières protéines végétales, doté de 50 M€ et destiné à réduire la dépendance française aux importations de soja, le dispositif est encore ouvert avec 96 dossiers déposés pour un montant d’aide demandé de 41,1 M€.

Un autre appel à projets pour la structuration de filières (toutes filières), doté de 45 M€ est également encore ouvert. 70 dossiers ont été déposés pour un montant d’aide demandé de 51,7 M€. À ce stade 8 lauréats ont d’ores et déjà été annoncés.

Concernant le plan de modernisation des abattoirs, doté de 130 M€, le dispositif est encore ouvert avec 182 dossiers déposés pour un montant d’aide demandé de 122,9 M€. 19 dossiers sont d’ores et déjà retenus pour un montant d’aide de 12,1 M€.

Enfin le dispositif d’aide pour lutter contre les aléas climatiques, doté de 70 M€, est ouvert. Près de 3 500 dossiers ont été déposés pour un montant d’aide demandé de 32,9 M€. A ce stade, plus des trois quarts des dossiers concernent des équipements contre la sécheresse et moins d’un quart le gel et la grêle. L’instruction est en cours.

Pour en savoir plus, consulter ci-dessous les documents économiques présentés au conseil spécialisé Ruminants du 2 juin 2021.

copyright photo : Pascal Xicluna /agriculture.gouv.fr

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