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Conseil spécialisé "Grandes cultures-marchés céréaliers" du 13 mai 2020

Le conseil spécialisé « Grandes cultures-marchés céréaliers » s’est réuni le 13 mai 2020, pour expertiser les conséquences du COVID 19 sur les filières d’élevage et le secteur de l’alimentation animale, qui consomment une part importante des céréales produites en France.
Les bilans prévisionnels de FranceAgriMer pour la campagne commerciale céréalière ont été ajustés en conséquence.
Mots-clés : Bilan, blé tendre, blé dur, orges, maïs, alimentation animale, prévisions, Covid-19
Impact du COVID-19 sur les filières d'élevage et le secteur de l'alimentation animale

Les fabricants d’aliments du bétail ont assuré l’approvisionnement des filières d’élevage en quantité comme en qualité depuis le début du confinement, en dépit des surcoûts engendrés par cette crise (mesures de protection contre le Covid, surcoût des camions de livraison revenant à vide, augmentation du prix de certains ingrédients, notamment des vitamines et des oligoéléments importés de Chine…).

Malgré les perturbations, le secteur de l’alimentation animale a globalement bien fonctionné pendant la crise et a sécurisé les volumes grâce à des importations complétant l’approvisionnement local en matières premières.

La question de la répercussion de l’augmentation des coûts de production est désormais centrale pour ce secteur, dans un contexte de filières d’élevage parfois fragilisées par la perte du débouché de la restauration hors domicile (RHF) et la concentration de la consommation des ménages sur certains produits bon marché ou faciles à cuisiner. C’est notamment le cas de la filière avicole qui représente 45 à 50 % des débouchés des fabricants d’aliments du bétail. Certaines productions sont en effet très dépendantes de la restauration hors foyer (canard, pintade, pigeon, caille). Les autres peinent à trouver des débouchés pour les pièces de viande habituellement achetées par la RHF. Ce déséquilibre pourrait se traduire par un ralentissement de la demande en alimentation animale dans les mois à venir.

Aider les filières d’élevage à retrouver le débouché de la RHF lorsque les restrictions seront levées et privilégier les produits d’origine France ou UE lorsqu’ils sont disponibles, seront les principaux défis à relever à l’issue du confinement pour maintenir le capital agricole productif français et assurer l’indépendance de la France dans le domaine alimentaire.

Nouvelles prévisions de FranceAgriMer pour la campagne commerciale céréalière 2019/20

Blé tendre : alourdissement du stock de fin de campagne

Sur le marché français, le ralentissement d’activité des meuniers entraîné par l’épidémie de Covid 19 et les mesures de confinement, notamment la fermeture des circuits de restauration hors domicile, se confirme. Le recul des utilisations, d’ores et déjà acté le mois dernier, est reconduit.

Les prévisions d’utilisations de blé par les fabricants d’aliments du bétail français sont également revues à la baisse ce mois-ci à 5 Mt (-100 000 tonnes par rapport au mois dernier), en raison du regain de compétitivité du maïs par rapport au blé dans les rations animales.

Au total, les prévisions d’utilisations de blé tendre sur le marché français sont désormais prévues à 14,7 Mt en retrait de 100 000 tonnes par rapport au mois dernier.

Les prévisions de ventes de blé français vers l’Union européenne pour 2019/20 sont également révisées à la baisse par rapport au mois dernier à 7,6 Mt (-130 000 tonnes), en raison du regain de compétitivité d’autres céréales fourragères par rapport au blé.

Seules les exportations françaises de blé hors Union européenne sont de nouveau révisées à la hausse à 13,3 Mt (+ 100 000 tonnes par rapport au mois dernier) en raison de la forte demande des pays importateurs et des limitations d’exportations des pays de la Mer noire.

Au 11 mai 2020, la France a d’ores et déjà embarqué 11,2 Mt de blé tendre à destination des pays tiers (dont 4,8 Mt vers l’Algérie, 1,7 Mt vers le Maroc, 1,3 Mt vers la Chine).

Au total, le stock de blé français s’alourdirait à près de 2,9 Mt en fin de campagne (+ 254 000 tonnes par rapport au mois dernier), en raison du recul des marchés intérieurs conjugué à une augmentation des prévisions de collecte, que le dynamisme des ventes à l’exportation hors Union européenne ne parvient pas à compenser. Ce stock représente près d’un mois d’utilisations.

Blé dur : des disponibilités françaises revues à la hausse

Les disponibilités françaises en blé dur sont révisées à la hausse à 2,2 Mt, sous l’effet d’une légère revalorisation de la collecte et de la prise en compte d’un poste d’ajustement  égal à la moyenne olympique  des postes d’ajustement du bilan blé dur de FranceAgriMer, c’est-à-dire la moyenne des 5 campagnes précédentes calculée hors valeur minimale et valeur maximale.

Les prévisions d’utilisation de blé dur par la semoulerie française sont ajustées à 640 000 tonnes (dont 530 000 tonnes pour le marché français et 110 000 tonnes pour l’exportation de semoule).

Les prévisions d’exportation de blé dur sont portées à 1,05 Mt vers l’Union européenne (+ 50 000 tonnes par rapport au mois dernier en raison de flux soutenus vers l’Italie) et à 270 000 tonnes pour les pays tiers (+ 10 000 tonnes par rapport aux prévisions d’avril) en raison de la demande des pays du Maghreb.

Le stock de fin de campagne s’établirait à 215 000 tonnes.

Orges :   des marchés brassicoles ralentis par le Covid 19 mais une bonne tenue du marché fourrager  

Sur le marché français, la baisse des prévisions d’utilisations d’orges brassicoles par les malteurs, actée le mois dernier en raison de la fermeture des hôtels, bars, restaurants et festivals de printemps et été 2020, est reconduite. Les prévisions d’utilisations d‘orges fourragères sont maintenues à 1,4 Mt.

Les prévisions de ventes d’orges en grain vers l‘Union européenne sont ajustées à la hausse à près de 3,8 Mt (+ 53 000 tonnes par rapport au mois dernier), en raison du regain de compétitivité des orges fourragères face au blé, à destination de la Belgique notamment.

Les exportations d’orges en grains vers les pays tiers restent soutenues. Elles sont portées à 3,65 Mt (+ 50 000 tonnes), avec 3,3 Mt d’ores et déjà expédiées au 11 mai 2020 dont 1,1 Mt vers la Chine, 0,7 Mt vers l’Arabie saoudite et 0,6 Mt vers le Maroc.

En revanche, les exportations de malt vers l’Union européenne et les pays tiers sont révisées à la baisse de 30 000 tonnes, dans un contexte de ralentissement du commerce mondial, lié à la pandémie de COVID 19 qui affecte la brasserie dans la plupart des pays du monde (fermeture des bars, hôtels, restaurants et annulation des grands rassemblements festifs ou sportifs).

Au total, le stock de fin de campagne resterait quasi stable par rapport au mois dernier à près de 1,9 Mt, en raison d’une légère hausse des prévisions de collecte.

Maïs : regain de compétitivité dans les rations animales

Sur le marché français, les prévisions d’utilisation de maïs par les fabricants d’aliments du bétail sont portées à 2,7 Mt (+ 50 000 tonnes par rapport au mois dernier) en raison du regain de compétitivité du maïs par rapport au blé au regard de l’écart de prix des deux céréales.

Les prévisions de ventes de maïs français vers l’Union européenne sont également revues à la hausse à 3,8 Mt (+ 110 000 tonnes) pour la même raison.

Au total, le stock final s’allègerait à 2,2 Mt (- 0,2 Mt par rapport au mois dernier), du fait du regain de compétitivité du maïs en alimentation animale sur les marchés français et européen mais aussi de prévisions de collecte revues en légère baisse.

Pour en savoir plus, consulter ci-dessous les nouveaux bilans prévisionnels de FranceAgriMer et le panorama des marchés présenté au Conseil spécialisé Grandes-cultures-marchés céréaliers du 13 mai 2020.

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