La bioéconomie, un secteur stratégique en plein essor
Date de publication : 08/01/2026
© Théo Gratiollet / FranceAgriMer
En France, le secteur de la bioéconomie emploie 1,9 million de personnes et pèse 300 milliards d’euros. En plein essor, son poids pourrait être multiplié par dix à l’horizon 2050, selon Christophe Rupp-Dahlem, président de la commission thématique interfilières « Bioéconomie » de FranceAgriMer, qui s’est réunie le 11 décembre 2025 dans les locaux de l’ADEME.
À l’occasion de la réunion plénière de la commission thématique interfilières (CTI) « Bioéconomie » de FranceAgriMer, organisée à l’ADEME le 11 décembre 2025, les participants ont pris connaissance de l’avancement des travaux menés par ses cinq groupes de travail pour la période 2025-2029 : méthanisation, produits biosourcés, biocarburants, coproduits animaux, biomasse et transitions.
5 groupes de travail aux programmes ambitieux
Le groupe de travail « méthanisation », présidé par Olivier Dauger, s’est fixé un programme ambitieux pour partager connaissances et expertises sur le digestat, les bonnes pratiques en méthanisation, le partage de la valeur, mais aussi la valorisation du carbone biogénique et les impacts de la méthanisation sur les pratiques agricoles. Il assure également le suivi des textes réglementaires relatifs à la méthanisation. En 2025, il s’est penché sur plusieurs études :
- « ressources en biomasse : quel potentiel de substitution des engrais de synthèse ? », réalisée par FranceAgriMer ;
- « méthanisation - incidences sur la biodiversité » réalisée par l’Office français de la biodiversité (OFB) ;
- « qualité des soupes de déconditionnement », réalisée par l’ADEME.
Lors de la prochaine réunion de ce GT prévue le 15 janvier 2026, FranceAgriMer présentera une étude sur les indicateurs de performance de la méthanisation.
Le groupe de travail « produits biosourcés », présidé par Sophie Marquis, s’est fixé de nombreuses priorités :
- réalisation de fiches synthétiques par marché à partir de l’étude de marché produits biosourcés (ADEME/CERESCO/FRD-CODEM/Bioéconomy for Change) ;
- réalisation d’une étude prospective sur l’évolution des marchés des biocarburants et son implication pour la chimie du végétal, en lien avec le groupe de travail « biocarburants » ;
- poursuite des travaux de normalisation en lien avec la commission AFNOR X85 et enquête auprès des acteurs économiques sur leurs besoins ;
- présentation du label bâtiment biosourcé DHUP et réalisation d’une base de données des labels existants appliqués aux produits en identifiant la présence d’un critère biosourcé.
Le groupe de travail « biocarburants », présidé par Pierre Cuypers aux côtés de Sylvain Demoures, élu vice-président, assure le suivi de la réglementation et des politiques publiques sur les biocarburants. En 2025, ce GT a travaillé notamment sur le bilan 2023/2024 de la taxe incitative relative à l'utilisation de l'énergie renouvelable dans les transports (TIRUERT) et sur l’état d’avancement de la nouvelle incitation à la réduction de l'intensité carbone des carburants (IRRICC). Le suivi économique des filières se poursuit également, via l’Observatoire des marchés des biocarburants (biodiesel, bioéthanol et carburant d’aviation durable) et la veille concurrentielle internationale sur les facteurs de compétitivité des marchés des biocarburants.
Pour le groupe de travail « coproduits animaux », présidé par Caroline Medous, la priorité est donnée aux informations économiques, aux points réglementaires et à une cartographie des gisements et débouchés, dans un contexte complexifié par la dermatose nodulaire contagieuse et les conflits d’usages entre méthanisation et autres valorisations des graisses animales. Il assure un suivi économique des marchés des coproduits animaux (cuirs, peaux, laines, plumes, duvets, corps gras et farines de poisson, protéines animales transformées destinés aux biocarburants ou à la fertilisation). Une approche prospective est envisagée en 2026-2027 afin d’engager une réflexion sur la stratégie de valorisation de ces filières.
Un sous-groupe spécifique sur la valorisation de la laine française s’est réuni à deux reprises en 2025 sur les actualités européennes, la règlementation sanitaire, les initiatives locales et un projet d’enquête sur la qualité.Il effectue également un suivi du commerce extérieur.
Le groupe de travail « biomasse et transitions » a été créé en avril 2025 et s’est réuni à trois reprises en octobre 2025. Présidé par Jean-Luc Dunoyer, il a pour missions transversales de :
- concerter les acteurs de la CTI Bioéconomie sur les orientations proposées par l’administration concernant la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) ;
- contribuer à l’identification des actions phares pour atteindre les objectifs de la Stratégie nationale de mobilisation de la biomasse (SNMB) ;
- constituer un groupe d’experts pour répondre aux questions techniques du GIS Biomasse.
Le GIS Biomasse, une instance d’expertise scientifique et technique
Le groupement d’intérêt scientifique (GIS) Biomasse, instance d’expertise scientifique et technique créée en 2024 par quatre opérateurs publics (FranceAgriMer, l’ADEME, l’IGN et l’INRAE), a également dévoilé sa feuille de route pour 2026, un cadre ambitieux pour contribuer à la mobilisation durable de la biomasse en France.
La mobilisation durable de la biomasse (cultures agricoles, effluents d’élevage, résidus agricoles, bois, déchets, algues…) est un levier essentiel de la transition écologique en France. Cependant, les gisements disponibles et techniquement mobilisables sont limités alors que de nombreuses filières (biocarburants, méthanisation…) mobilisent dès à présent ou souhaitent mobiliser à l’avenir ces ressources. Les derniers travaux prospectifs montrent un potentiel déficit de ressources produites au niveau national et disponibles pour subvenir aux besoins futurs de ces filières. Ces travaux reposent sur des méthodes différentes et mobilisent des sources de données variées. Ils aboutissent ainsi à des conclusions diverses, peu convergentes et difficiles à articuler entre elles.
Dans ce contexte, il paraît nécessaire d’améliorer les connaissances, outils et méthodes disponibles pour suivre précisément les ressources en biomasse et leurs usages ainsi que s'assurer de la bonne prise en compte de ces problématiques dans les politiques publiques, notamment pour favoriser les filières et les usages les plus durables. Ces arbitrages doivent notamment prendre en compte les impacts environnementaux et les enjeux technico-économiques et sociétaux associés à la mobilisation et aux usages de la biomasse.
Pour cela, le GIS articule son travail autour de cinq axes :
1. Consolider un cadre commun des connaissances et données de référence ;
2. Cartographier et caractériser les outils et bases de données existants et formuler des recommandations méthodologiques pour les consolider et les harmoniser ;
3. Analyser les résultats des travaux prospectifs et recenser les plateformes et modèles existants ;
4. Apporter une expertise scientifique et technique sur demande des décideurs publics à l'échelle nationale et régionale ;
5. Contribuer à l’animation de la thématique biomasse à l’échelle nationale auprès des décideurs publics et des professionnels.
Rendez-vous le 25 février 2026 au Salon international de l'agriculture pour découvrir les premières publications du GIS Biomasse ainsi que sa feuille de route pour 2026 !
Le président de la CTI Bioéconomie a conclu la séance en appelant à :
- accélérer la croissance des productions et des marchés
- renforcer le soutien à l’innovation pour les entreprises
- s’assurer d’un cadre réglementaire et législatif simplifié
- communiquer auprès de toutes les parties prenantes