Aides à la génétique animale, économie et stratégie sanitaire : trois axes de travail prioritaires pour la CTI Ressources zoogénétiques
Date de publication : 05/03/2026
© Virginie Nicolet / FranceAgriMer
La commission thématique interfilières Ressources zoogénétiques (CTI-RZ) de FranceAgriMer s’est réunie le 18 février 2026 sous la présidence de Céline Le Ru Le Laurent et la vice-présidence de Paul Grignon Dumoulin.
À cette occasion, elle s’est dotée de trois groupes de travail (GT) pour 2026 :
- Le GT « Dispositifs d’aides à la génétique animale » pour préparer d’ici 2027 les priorités à mettre en œuvre dans le cadre des aides du CASDAR (Compte d’affectation spécial pour le développement agricole et rural) du futur PNDAR (Programme national de développement agricole et rural) et proposer des simplifications.
- Le GT « Économie », afin de produire des données objectives sur le coût et les bénéfices de la génétique pour les filières, d’amont en aval.
- Le GT « Stratégie sanitaire » pour identifier les menaces sanitaires qui pèsent sur la génétique animale et les mesures pour y faire face.
Des épizooties récurrentes aux maladies émergentes liées au réchauffement climatique, les huit espèces représentées à la CTI-RZ sont unanimes sur les nouvelles menaces sanitaires pesant sur le maillon stratégique de la génétique animale.
Un groupe de travail sur la souveraineté génétique, installé dès 2023 par la CTI-RZ, avait d’ores et déjà mis en évidence des points-clés communs à toutes les filières animales : prise en compte de la génétique dans les plans de lutte sanitaire, développement de médicaments et de vaccins pour toutes les espèces, innovations à développer dans l’infrastructure sanitaire. Ces travaux ont nourri les débats sur les assises du sanitaire puis les conférences de la souveraineté alimentaire.
Répondre aux enjeux de souveraineté nationale
Véritable microprocesseur de l’élevage, la génétique animale est la base de tout le système de production.
Facteur de productivité mais aussi d’adaptation au changement climatique, la génétique animale constitue un levier économique essentiel pour les élevages français, afin de répondre aux enjeux de souveraineté alimentaire et aux attentes des consommateurs.
La France peut se féliciter d’être l’un des rares pays du monde où se pratique la sélection sur la quasi-totalité des espèces domestiques, que ce soit pour les animaux terrestres (bovins, ovins, caprins, porcins, lapins, 12 espèces de volailles, abeilles…) mais aussi aquatiques (18 espèces de coquillages, crustacés et poissons). La richesse de la biodiversité domestique en France, y compris dans la territoires d’outre-mer, permet la diversité des modes d’élevage et de production et une adaptation aux territoires.
Un solde du commerce extérieur record qui dépasse le demi-milliard
En complément de sa contribution à la compétitivité des filières animales, la génétique française a aussi une carte maîtresse à jouer à l’exportation. C’est un enjeu majeur pour assurer le financement de la recherche génétique en France.
Dans un contexte de très forte demande mondiale, le solde commercial de la génétique animale française bat un nouveau record en 2025, dépassant pour la première fois le demi-milliard d’euros (580 millions), avec des perspectives très encourageantes si les barrières sanitaires de certains pays importateurs parviennent à être levées.
Participation française à la base de données FAO AquaGRIS
L’IFREMER a présenté aux membres de la CTI-RZ la participation de la France au système d’information mondial sur les ressources génétiques aquatiques (AquaGRIS). Mise en ligne en 2024 par la FAO, cette nouvelle base de données publique sur les espèces aquatiques d’élevage et les espèces sauvages apparentées doit aider les pays à transformer leurs systèmes alimentaires aquatiques.
Cette base de données mondiale découle du Plan d’action mondial pour la conservation, l’utilisation durable et la mise en valeur des ressources génétiques aquatiques pour l’alimentation et l’agriculture publié en 2022 et des nouvelles Directives mondiales pour une aquaculture durable (GSA) qui préconisent la conservation et la gestion efficace de la biodiversité aquatique, essentielle à la santé et au bien-être des écosystèmes et des populations humaines.
Face aux risques de surpêche et aux risques sanitaires (contaminants), la part de l’aquaculture dans la consommation humaine augmente, mais moins de 16 % des espèces sont dans des démarches de sélection. Le réchauffement climatique nécessite toutefois d’adapter les pratiques d’élevage mais aussi les animaux. C’est le cas par exemple pour le bar, produit en grande partie par les pays de l’est de la Méditerranée. Mais l’optimum thermique se déplace désormais vers l’ouest de la Méditerranée à la suite de la hausse des températures et de la baisse du taux d’oxygène dans l’eau.
Pour la France, 42 espèces domestiques et non domestiques ont été inventoriées. La base de données de la FAO sera alimentée par l’IFREMER et le SYSAAF sous l’égide de la DGAMPA.