Céréales : premières prévisions françaises pour 2026/27 dans un contexte de tensions internationales
Date de publication : 22/07/2026
© Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
Le conseil spécialisé « Grandes cultures – marchés céréaliers » de FranceAgriMer s’est réuni le 16 juillet dernier sous la présidence de Benoît Piétrement. Les perspectives de commercialisation des céréales françaises en 2026/27 ont nourri les débats, dans un contexte géopolitique international encore très instable au Moyen-Orient comme en mer Noire, alors que plusieurs pays européens, en particulier la France, sont en proie à des épisodes successifs de canicule jusqu’alors inédits.
Regain de dynamisme des exportations françaises de blé tendre en fin de campagne 2025/26
FranceAgriMer a révisé à la hausse ses prévisions d’exportation de blé tendre vers les pays tiers à 7,4 Mt (+ 150 000 tonnes par rapport aux prévisions du mois de juin). Les expéditions vers l’Union européenne sont également portées à près de 7,9 Mt (+ 90 000 tonnes par rapport au mois dernier).
Les stocks français de céréales en fin de campagne restent lourds par rapport à la moyenne des cinq dernières années : près de 3,4 Mt de blé tendre, 2,4 Mt de maïs grain et 1,4 Mt d’orges.
Premières prévisions de FranceAgriMer pour la campagne 2026/27
FranceAgriMer a dévoilé ses premières prévisions d’utilisations des céréales à paille pour la campagne de commercialisation 2026/27, sur la base des estimations de production publiées par le ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire le 15 juillet dernier.
Avec une production attendue à moins de 32 Mt en 2026 en raison des épisodes successifs de canicule en France depuis mai, la collecte de blé tendre pourrait diminuer à 29,6 Mt. Les disponibilités pour le marché resteraient toutefois supérieures à la moyenne des cinq dernières années, en raison du stock confortable de début de campagne.
Les utilisations de blé tendre sur le marché français progresseraient à 14,7 Mt dont 5 Mt pour la fabrication d’aliments du bétail. À ce stade, les expéditions françaises de blé tendre sont prévues à 7,4 Mt vers l’Union européenne et les exportations vers les pays tiers, à 7 Mt, en retrait par rapport à l’an dernier en raison, principalement, de moindres besoins du Maroc.
Les exportations d’orges vers les pays tiers pourraient également se rétracter à 2,6 Mt, en particulier vers l’Arabie saoudite. À l’inverse, les utilisations par les fabricants d’aliments du bétail français sont prévues en hausse à 1,2 Mt et les livraisons d’orges vers l’Union européenne à 2,8 Mt.
Regain de tensions en mer Noire : le prix des céréales européennes repart à la hausse
Bombardements russes sur des infrastructures portuaires ukrainiennes en mer Noire, attaques ukrainiennes en mer d’Azov sur des pétroliers russes, fermeture du détroit de Kertch reliant la mer d’Azov à la mer Noire… les tensions entre l’Ukraine et la Russie se sont amplifiées en juillet sur fond de guerre commerciale maritime et logistique visant à entraver le commerce des céréales. Les prix du blé meunier et du maïs européen sont repartis à la hausse sur Euronext.
Alors que la production de blé russe est annoncée à 90 Mt en 2026 par le ministère de l’agriculture des états Unis (USDA), la Russie pourrait rencontrer de sérieuses difficultés pour récolter et acheminer la marchandise, par manque de produits pétroliers. Ce regain de tensions ouvre des perspectives commerciales pour le blé français et européen.
Pour en savoir plus, télécharger la conjoncture céréalière mondiale, européenne et française présentée au conseil du 16 juillet 2026 et consulter nos bilans prévisionnels français 2025/26 et 2026/27