L’élevage pastoral, au cœur des enjeux internationaux du climat et de la sécurité alimentaire
Date de publication : 13/03/2026
© Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
Organisée par FranceAgriMer lors du Salon de l’agriculture, une conférence de haut niveau sur le pastoralisme a rassemblé des acteurs institutionnels et internationaux.
Cet événement s’est déroulé en présence de la ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté Alimentaire.
Le 24 février, à l’occasion du Salon international de l’agriculture, une conférence consacrée à «l’élevage pastoral, au cœur des enjeux internationaux du climat et de la sécurité alimentaire» a réuni un large public et a fait salle comble. Organisée par FranceAgriMer avec ses structures partenaires, cette rencontre a constitué une occasion d’échanges et de coopération autour des enjeux du pastoralisme en France et dans le monde.
La conférence s’est tenue en présence de la ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Annie Genevard, aux côtés de nombreux intervenants : son Excellence Ulambayar Nyamkhuu, ambassadrice de Mongolie en France, Christian Asnsa, président du Collectif des Races Locales de Massif (CORAM), Élisabeth Claverie de Saint Martin, PDG du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), Marie Bjornson-Langen, directrice exécutive adjointe de l’Agence française de développement (AFD), Jean-Louis Cazaubon, représentant Régions de France et vice-président de la Région Occitanie en charge de l’agriculture et la montagne, ainsi que Patrick Fabre, directeur de la Maison de la Transhumance. Ensemble, ils ont apporté leurs regards croisés sur les dimensions économiques, sociales, environnementales et culturelles du pastoralisme.
Cette conférence s’inscrit dans un contexte particulier : l’Assemblée générale des Nations unies a proclamé 2026 « Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux », à l’initiative de la Mongolie. Elle intervient également après l’inscription de la transhumance au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco, portée par le CORAM en 2023.
Le pastoralisme, une pratique essentielle pour les territoires ruraux de toutes les régions du monde
Les échanges ont permis de rappeler l’importance du pastoralisme à l’échelle mondiale. Cette activité fait vivre environ 200 millions de personnes dans le monde, tandis que les pâturages couvrent près de la moitié de la surface terrestre. Ces systèmes d’élevage jouent un rôle majeur dans les régions arides, montagneuses ou froides, en contribuant à la sécurité alimentaire, à la vitalité des territoires et à la préservation des écosystèmes.
Christian Asna et Patrick Fabre ont expliqué que le pastoralisme constitue un pilier de l’économie agricole et rurale française. Il regroupe environ 60 000 exploitations et valorise près de 5,4 millions d’hectares de surfaces pastorales. Les races locales occupent une place centrale dans ces systèmes d’élevage et contribuent à la typicité de nombreux produits bénéficiant de signes officiels de qualité.
Dans son intervention, la ministre Annie Genevard a souligné la contribution des pratiques pastorales à l’économie des territoires ruraux, à la transmission de savoir-faire, à l’entretien des paysages et à la préservation de la biodiversité. Le pastoralisme participe de plus à la fertilisation naturelle des sols, à la séquestration du carbone et à la prévention des incendies grâce à l’entretien des espaces ouverts par les troupeaux.
L'Ambassadrice, son excellence Madame U. Nyamkhuu a souligné que l'Assemblée générale des Nations Unies, à l'initiative de la Mongolie, avait adopté une résolution proclamant 2026 « Année internationale des parcours et des éleveurs » (AIPE), rappelant que l'élevage nomade assure la subsistance de plus de 200 millions de personnes dans le monde et contribue de manière significative à la sécurité alimentaire et à l'équilibre des écosystèmes. En Mongolie, le pastoralisme représente 10 % du PIB, ce qui en fait un enjeu de souveraineté alimentaire, économique et culturelle. Elle a mentionné que la Mongolie ambitionne de mettre en œuvre une politique de développement d'un élevage pastoral adapté au changement climatique et durable, et a brièvement présenté les initiatives qui seront lancées dans le cadre de la COP17 sur la lutte contre la désertification, qui se tiendra en août prochain, ainsi que de l’initiative l'« Année internationale des éleveurs nomades ».
La Présidente directrice générale du CIRAD a présenté ses travaux démontrant que, contrairement à une idée répandue, le pastoralisme est neutre en carbone. Elle a également insisté sur l’importance de préserver les parcours pastoraux et de garantir leur accès aux éleveurs. Dans de nombreuses régions arides du monde, la concurrence pour l’accès aux pâturages et à l’eau constitue en effet un facteur majeur de déstabilisation des territoires ruraux et peut être source de tensions. Le pastoralisme, en tant que facteur d'intégration régionale et création de richesse peut être aussi un facteur de paix.
De son côté, l’AFD a présenté ses actions en Afrique en faveur du pastoralisme. Celles-ci visent notamment à renforcer la résilience des communautés pastorales face au changement climatique, à améliorer l’accès des éleveurs aux services essentiels et à mieux valoriser les produits de l’élevage, comme le lait et la viande.
Enfin, les intervenants ont rappelé la dimension résolument internationale de ces enjeux. En croisant les perspectives de la France, de la Mongolie et de l’Afrique, la conférence a illustré l’importance des coopérations internationales pour répondre aux défis du changement climatique et de la sécurité alimentaire.