Marchés céréaliers : les incertitudes géopolitiques persistent
Date de publication : 21/04/2026
© Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
Le conseil spécialisé « Grandes cultures-marchés céréaliers » s’est réuni le 15 avril 2026 sous la présidence de Benoît Piètrement pour faire le point sur l’évolution des marchés céréaliers aux niveaux mondial, européen et français. Le contexte géopolitique mondial toujours très incertain complique les arbitrages des agriculteurs pour les semis, face au manque de visibilité sur l’évolution du prix des engrais.
Les tensions géopolitiques et les incertitudes concernant la durée du conflit au Moyen-Orient continuent de peser sur le marché mondial. Malgré les fluctuations au fil des annonces contradictoires, les cours du pétrole et du gaz restent très supérieurs à ceux d’avant-guerre. Les coûts du fret maritime sont toutefois maîtrisés pour le vrac sec, à la différence des pétroliers et conteneurs.
Les prix internationaux des céréales sont contenus par l’abondance de l’offre mondiale et des conditions climatiques globalement favorables. Mais les tensions sur les prix des engrais, pourraient compliquer les semis dans l’hémisphère sud et menacer la sécurité alimentaire de certaines régions du monde, si le conflit au Moyen-Orient se prolonge.
Au niveau européen, alors que les prix du blé et du maïs sont orientés à la baisse sur Euronext, les prix de l’urée ont flambé depuis le déclenchement du conflit en Iran. Le prix des engrais azotés continue d’augmenter sur le marché européen, dans le sillage du prix du gaz. Il évolue plus vite que le prix des engrais importés, souvent négociés plusieurs mois avant le début des hostilités.
Nouvelles prévisions de FranceAgriMer pour la commercialisation des céréales françaises en 2025/26
Le bilan prévisionnel français du blé tendre reste lourd malgré un stock final en léger retrait par rapport aux prévisions du mois dernier. Le stock de report en fin de campagne 2025/26 est désormais attendu à un peu plus de 3,3 Mt (millions de tonnes). L’augmentation des prévisions de livraison de blé tendre vers l’Union européenne à près de 7,7 Mt (+ 125 000 tonnes par rapport aux prévisions de mars) contribue à l’allégement des stocks, malgré des disponibilités ajustées à la hausse et un léger repli des prévisions d’utilisation par les fabricants d’aliments du bétail français. Les prévisions d’exportation vers les pays tiers sont maintenues à 7,1 Mt.
L’augmentation des prévisions d’exportations de maïs vers l’Union européenne, désormais attendues à près de 4,8 Mt (+ 170 000 tonnes par rapport au mois dernier), ne suffit pas à absorber une nouvelle hausse des disponibilités (+ 123 000 tonnes), ainsi que les ajustements à la baisse des prévisions d’utilisations par les semouliers français (- 60 000 tonnes) et des exportations vers les pays tiers (- 20 000 tonnes). Le stock de maïs attendu en fin de campagne s’alourdit à plus de 2,3 Mt.
En orge, le stock final attendu en fin de campagne s’alourdit aussi à près de 1,5 Mt, sous l’effet de la révision à la hausse des prévisions de collecte et donc des disponibilités pour le marché (+ 90 000 tonnes).
Pour en savoir plus, retrouvez le diaporama sur la situation des marchés céréaliers au niveau mondial, européen et français présenté en conseil spécialisé ainsi que les nouveaux bilans prévisionnels détaillés des principales céréales françaises pour la campagne commerciale 2025/26.