Situation économique et financière de la poissonnerie artisanale
Date de publication : 18/02/2026
Objectifs
Cette étude analyse la situation économique et financière des poissonneries artisanales sur la période 2020-2024.
Méthodologie
L’analyse est réalisée à périmètre constant d’entreprises sur la période étudiée. Ces entreprises ont été filtrées par un modèle statistique (Mapsis), permettant d’exclure celles présentant des résultats économiques et financiers atypiques par rapport à la moyenne du secteur. Les données comptables et financières de 73 entreprises des codes NAF 47.23Z et 47.81Z ont ainsi été retenues et extraites de la base Diane (29 poissonneries sédentaires, 44 poissonneries ambulantes).
Il est possible cependant que les entreprises les plus petites soient mal représentées par cet échantillon, n’ayant pas déposé leurs comptes.
Résultats
Le chiffre d’affaire des poissonneries sédentaires et ambulantes se contracte à nouveau en 2024, de façon plus forte sur les poissonneries sédentaires (- 4,1 % par rapport à 2023), en partie du fait de la concurrence accrue des grandes surfaces.
Le poids financier des matières premières est maîtrisé en 2024 grâce à l’optimisation des approvisionnements et l’achat de produits transformés. Le poids financier des frais de personnel est également contenu sur les deux panels, par un aménagement des horaires d’ouvertures et un recours à l’intérim pendant les fêtes de fin d’année et l’été.
L’année 2024 voit une dégradation de la valorisation des produits de la poissonnerie et des ratios de rentabilité, la fixation des prix étant contrainte par les arbitrages économiques des consommateurs. La marge commerciale s’établit ainsi à 39,3 % des ventes de marchandises en 2024 (- 0,2 % sur un an). L’EBE chute pour les poissonneries ambulantes, tandis que les sédentaires parviennent à améliorer légèrement le leur. Le résultat net s’établit à 2,9 % du CA pour les ambulantes et 1,8 % du CA pour les sédentaires, des niveaux relativement faibles qui traduisent un modèle économique fragile.
La trésorerie a été bien gérée en 2024. Elle s’établit en moyenne à 44,6 jours de CA sur l’année, une légère baisse par rapport à 2023. Le BFR très négatif reste avantageux (jusqu’à - 16,3 jours de CA pour les ambulantes), malgré une hausse en 2024.
Les investissements ralentissent en 2024. Les sédentaires ont gelé les leurs du fait des incertitudes planant sur leur activité (dissolutions, difficultés à voter un budget,..). La période 2023-2024 est plutôt une phase de désendettement, après des hauts niveaux d’encours de crédits entre 2020 et 2022.