Échanges sur l’assurance récolte et éclairages économiques sur les marchés
Date de publication : 01/07/2026
© Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr
Le conseil spécialisé « Productions végétales spéciales » de FranceAgriMer s’est réuni le 23 juin 2026, en visioconférence, sous la présidence de Mikaël Mercier, aux côtés de Julie Brayer Mankor, directrice générale adjointe de l’Établissement. Il s’agit de l’instance dédiée aux filières de l’horticulture, des plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), du tabac et du houblon.
À retenir pour cette séance : l’assurance récolte et les spécificités de la filière horticole, les échanges sur les dernières données de conjoncture et la présentation des enseignements-clés d’une étude sur l’état des lieux économique de la cueillette des PPAM en France métropolitaine.
À noter, une conjoncture morose, avec une diminution du nombre d'exploitants et des surfaces en 2025 pour l'ensemble des filières et des marchés globalement en baisse. Toutefois, certains secteurs et marchés restent dynamiques, comme celui des végétaux pour le potager, des fleurs, des compléments alimentaires et des plantes surgelées.
L’assurance récolte et les spécificités de la filière horticole : le point sur les travaux
La direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises (DGPE) du ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire a rappelé, en conseil, le cadre général du dispositif d’assurance récolte, mis en place en 2022.
L'assurance multirisque climatique des récoltes est l'un des principaux outils pour sécuriser financièrement une exploitation agricole en cas de sinistre climatique. Les pouvoirs publics soutiennent son développement en prenant en charge une partie de la prime ou cotisation d'assurance. Cette subvention est financée par le fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) et cofinancée par les crédits du fonds national de gestion des risques en agriculture (FNGRA).
Les critères de ce dispositif, notamment la notion de productivité, ne sont pas adaptés aux spécificités et à la diversité des cultures d'une exploitation horticole. Des groupes de travail ont été mis en place afin de réfléchir sur l’adaptation des cahiers des charges des assureurs à la filière horticole. Verdir (fédération nationale des producteurs de l’horticulture et des pépinières) a présenté, en séance, l’état d’avancement des travaux menés sur le développement d’offres assurantielles subventionnables en horticulture et pépinière.
Les achats des Français en végétaux au 1er trimestre 2026 : hausse en volume mais stagnation en valeur
Source : panel Kantar Insight pour FranceAgriMer et VALHOR
Les achats des ménages français en végétaux (d’ornement et de potager) au 1er trimestre 2026 (cumul de janvier à mars 2026) sont en hausse en volume (+8 % par rapport à la même période en 2025). On constate cependant une baisse du prix moyen par végétal, qui explique la stagnation en valeur avec un chiffre d'affaires cumulé de 567 millions d'euros.
Pour les végétaux d'ornement (hors potager), l'augmentation est également sensible en volume (+8 %), mais on note également une stagnation (-0,6 %) en valeur, qui concerne tous les types de végétaux d'ornement. Les végétaux de cérémonie ou destinés au cimetière connaissent également une stagnation en valeur. Ce sont toutefois les végétaux d'extérieur qui montrent la plus forte diminution en valeur (-9 %). Pour le potager, on observe une tendance inverse, avec des résultats en hausse en valeur (+9 %). Concernant la répartition des achats de végétaux d'ornement, les végétaux d'intérieur, bien que minoritaires en volume, prévalent toujours en valeur (45 % des dépenses).
Commerce extérieur : réduction du déficit de la balance commerciale des produits de l’horticulture ornementale
Sur le cumul de janvier à avril 2026, la balance commerciale des produits de l’horticulture ornementale connaît un déficit de l'ordre de 357 millions d'euros, soit une diminution de 2 % par rapport à la même période de 2025 et de 7 % par rapport à la moyenne sur cinq ans (2021-2025).
Les importations françaises de fleurs et de plantes ornementales fraîches ont représenté 398 millions d'euros, restant relativement stables par rapport au cumul de janvier à avril 2025 (-1 %), mais en baisse de 7 % par rapport à la moyenne sur cinq ans. Cette relative stabilité s'explique par des importations en très légère baisse (-1 % vs 2025) en provenance des Pays-Bas (54 % de part de marché (PDM)), en baisse plus marquée (-9 %) en provenance de la Belgique (11 % de PDM), alors qu'à l'inverse elles augmentent de 5 % en provenance de l'Italie (12 % de PDM) et de 2 % pour l'Espagne (9 % de PDM).
Les exportations ont augmenté de 6 % pendant cette période. Les principaux clients de la France restent les Pays-Bas (32 %), l’Italie (17 %) et la Suisse (10 %).
Les catégories de végétaux les plus importées sont les végétaux d'extérieur (37 % de PDM) et les fleurs coupées (29 % de PDM). Ces catégories sont aussi les plus exportées, avec respectivement 53 % et 30 % de PDM.
Filière PPAM : conjoncture France et focus sur les échanges avec le Moyen-Orient et l’Inde
La filière des PPAM est impactée par le conflit au Moyen-Orient, les différents acteurs étant confrontés à la hausse des coûts de l'énergie, de certaines fournitures et matières premières ainsi que du transport.
En France métropolitaine, les températures chaudes du mois de mai ont permis aux premières récoltes de PPAM d’être satisfaisantes. Cependant, les coups de chaleur actuels et la sécheresse qui s’installe auront des répercussions sur les productions à venir.
Concernant les marchés aval de la filière en 2025, seuls ceux des compléments alimentaires, des plantes aromatiques surgelées et des labels (IGP Thym de Provence et Herbes de Provence Label Rouge) sont dynamiques.
Les exportations de parfums, cosmétiques et produits d'entretien se sont stabilisées en 2025, en raison du recul des marchés américain et asiatique. L'accord de libre-échange entre l'Union européenne (UE) et l'Inde pourrait favoriser les échanges de PPAM, l'Inde étant aujourd'hui, à l'exception des parfums et cosmétiques, davantage un fournisseur qu'un client.
État des lieux économique de la cueillette des PPAM en France métropolitaine : les résultats de l’étude
La cueillette commerciale des plantes sauvages a des portées écologiques et économiques non négligeables. L'étude, réalisée par le bureau d’études STRATYS pour le compte de FranceAgriMer, vise à dresser un état des lieux de la cueillette professionnelle d’une sélection de soixante PPAM en France métropolitaine, en termes quantitatifs et qualitatifs. L’analyse approfondie porte sur les stratégies des entreprises en matière d’approvisionnement en plantes issues de cueillette sauvage en France, la durabilité de cette filière et les perspectives envisageables pour relever les défis qui s’imposent à elle.
Pour en savoir plus sur les résultats de cette étude sur l'état des lieux économique de la cueillette des PPAM en France métropolitaine.
Filière houblon : baisse du nombre d’exploitations et des surfaces
Pour le houblon, on observe une baisse du nombre d’exploitations de 3,1 % pour atteindre 220 en 2025 et une baisse de 3,4 % des surfaces pour s’établir à 724 hectares. Le nombre d’exploitations en bio est également en recul en 2025, avec une baisse de 3,1 % pour atteindre 156 exploitations et une surface de 279 hectares, en retrait également de 9,1 %.
S’agissant de la consommation de bière, les ventes de bière et panaché avec et sans alcool ont atteint 13,74 millions d’hectolitres pour 4,5 milliards d’euros. En 2025, plus de 7 foyers sur 10 ont acheté au moins une fois de la bière pour leur consommation à domicile. Sur le total des acheteurs de bière, les jeunes de moins de 35 ans sont en retrait (18,7 % des acheteurs ont moins de 35 ans).
Pour retrouver les dernières données économiques disponibles :
- la note de conjoncture horticulture de FranceAgriMer de juin 2026, avec les achats de végétaux par les ménages français au 1er trimestre 2026, et le commerce extérieur en produits de l’horticulture ornementale sur les quatre premiers mois de 2026 ;
- la note de conjoncture PPAM de FranceAgriMer de juin 2026, avec l’impact du conflit au Moyen-Orient sur la filière et l’état de la production française de PPAM.