Retour sur le Conseil spécialisé viandes blanches du 16 décembre 2025
Date de publication : 29/12/2025
© Isabelle Laporte / FranceAgriMer
Le conseil spécialisé « Viandes blanches » de FranceAgriMer s’est réuni le 16 décembre 2025 sous la présidence de François Valy. Il a notamment été l’occasion de faire un point sur les faits marquants de la conjoncture économique pour les filières porcine et avicoles et sur le commerce extérieur, mais aussi sur les dispositifs d’aide aux filières et sur les travaux relatifs à la souveraineté alimentaire.
Des déséquilibres entre l’offre et la demande
La production française de poulet progresse moins vite que la consommation, d’où une hausse des importations et une nouvelle dégradation du solde de la balance commerciale. Le constat est le même pour les œufs coquille et les ovoproduits : le déficit de la balance commerciale française se creuse pour faire face au dynamisme de la consommation. La construction de nouveaux poulaillers reste un enjeu majeur dans les prochaines années afin de ne pas dégrader la souveraineté alimentaire.
Pour le porc, le solde des échanges commerciaux reste positif pour les viandes et les abats, alors que le déficit s’aggrave pour les salaisons et charcuteries. La filière peine à maintenir l'autosuffisance. Le renouvellement des générations sera décisif dans les prochaines années.
Pour en savoir plus, télécharger :
- le diaporama de conjoncture présenté en séance
- les principaux indicateurs sur la filière porcine
- les principaux indicateurs sur les filières avicoles et cunicole
Des perspectives pour le commerce extérieur
L’embargo sanitaire frappant l’Espagne, touchée par la peste porcine africaine, crée des opportunités de marché au Japon pour les produits porcins français. L’Espagne, jusqu’alors 3e fournisseur du Japon avec 17 % de parts de marché derrière le Canada et les États-Unis, avait exporté 170 000 tonnes de produits porcins vers le Japon (pour 680 M€) en 2024. Dans le même temps, la France, au 8e rang des fournisseurs du Japon, avait livré moins de 20 400 tonnes (pour 84 M€), soit 2 % de parts de marché. La sécurité sanitaire, la qualité et la traçabilité constituent des atouts que la France pourrait mettre en avant pour exporter sa charcuterie vers le Japon, où elle est encore peu connue.
Par ailleurs, les taxes anti-dumping chinoises sur le porc européen ont finalement été fixées par la Chine à 9,8 %, grâce à des échanges diplomatiques et institutionnels intenses, notamment la visite officielle du Président de la République en Chine début décembre. Ce taux devrait permettre de maintenir les exportations, essentielles à l’équilibre économique de la filière porcine.
Ce conseil spécialisé a également permis de fournir un éclairage sur les filières porcs et œufs en Ukraine et la situation sanitaire du pays depuis la guerre.
Une aide aux éleveurs de volailles affectés par l’IAHP
Les éleveurs de volailles (palmipèdes, gallinacés et colombinés) situés dans les zones réglementées (zones de protection, zones de surveillance) mises en place pour lutter contre l’épizootie d’influenza aviaire hautement pathogène 2024-2025 et ayant subi des pertes économiques pourront déposer une demande d’aide à compter du 12 janvier 2026 et jusqu’au 27 février 2026.
Cette aide, annoncée le 17 novembre 2025 par la ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire et financée par l’État, vient compenser les pertes liées à l’arrêt de la production dans les exploitations en raison des interdictions de mises en place et de mouvements de volailles.
Ces pertes, subies pendant les mesures de restrictions sanitaires ayant conduit à des vides prolongés, sont indemnisées à hauteur de 90 % dans le cadre d’une enveloppe totale disponible de 4 M€
Le lien vers le télé-service et l’ensemble des informations nécessaires au dépôt de la demande d’aide sont accessibles depuis le site internet de FranceAgriMer : https://www.franceagrimer.fr/aides/influenza-aviaire-amont-epizootie-2024-2025
Les travaux sur la souveraineté alimentaire
Dans le cadre des conférences de la souveraineté alimentaire, la référente du groupe sectoriel viandes blanches, Christiane Lambert, a présenté aux membres du conseil spécialisé les travaux et réflexions engagés. Ils visent à identifier des leviers concrets pour produire, sur le territoire national, les volumes nécessaires pour répondre aux besoins des consommateurs et réduire les dépendances aux importations, mais aussi pour renforcer la compétitivité des filières et mieux valoriser à l’exportation des produits aujourd’hui peu consommés en Europe.
FranceAgriMer assure le secrétariat et contribue à l’animation des travaux des sept groupes sectoriels, dont celui sur les viandes blanches, qui doivent se réunir à trois reprises entre début décembre 2025 et mi-février 2026. Les référents des groupes sectoriels rendent compte de l’avancement des travaux aux conseils spécialisés correspondants, qui jouent un rôle dans la structuration des réflexions.