Ruminants : construire des filières durables et compétitives
Date de publication : 05/05/2026
© Pascal Xicluna / FranceAgriMer
Le conseil spécialisé « Ruminants » de FranceAgriMer s’est réuni le 29 avril 2026 sous la présidence de Yohann Barbe et la vice-présidence de Bruno Colin, pour faire le point sur l’actualité des filières bovines, ovines et caprines, qu’il s’agisse des produits laitiers ou de la viande.
Conjoncture économique des filières bovines, ovines et caprines françaises
L’impact du conflit au Moyen-Orient sur les filières des ruminants est encore difficile à mesurer au vu des statistiques disponibles. Le prix de l’aliment du bétail était orienté à la baisse jusqu’en février, malgré les hausses déjà observées pour l’énergie et les engrais avant le déclenchement des hostilités. En termes de commerce extérieur, les exportations françaises vers le Moyen-Orient représentent 4 % du total exporté en produits laitiers et moins de 1 % en viande bovine. Elles sont quasi inexistantes en viande ovine et en ovins vifs.
Les cotations des bovins, bien plus élevées qu’en 2025, ont amorcé un repli fin mars malgré une offre limitée. Le lait de vache conventionnel français a perdu de son côté 50 €/1 000 litres depuis septembre 2025, dans un contexte de collecte mondiale en forte hausse. Mais cette baisse reste beaucoup moins prononcée en France que dans les autres pays européens.
Les experts de FranceAgriMer ont également apporté des éclairages sur l’accord UE-Océanie (Nouvelle-Zélande et Australie) concernant la viande ovine et la viande bovine.
Pour en savoir plus sur la conjoncture récente des filières lait et viandes, consulter
- le diaporama présenté en conseil spécialisé reprenant les principaux faits marquants
- les indicateurs de conjoncture détaillés par filières :
Génétique animale : lancement des groupes de travail de la commission dédiée aux « ressources zoogénétiques » de FranceAgriMer
La commission thématique interfilières "Ressources zoogénétiques", présidée par Céline Le Ru Le Laurent, va lancer trois groupes de travail dédiés respectivement aux dispositifs de soutien, à l’économie et à la prospective ainsi qu’à la stratégie sanitaire pour le maillon génétique. Les acteurs des filières, y compris aval, sont invités à participer aux travaux. Pour en savoir plus :
Traçabilité et sécurité sanitaire : travaux de dématérialisation des documents d’accompagnement des bovins
La Direction générale de l’alimentation du ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire a présenté les travaux de dématérialisation des documents d’accompagnement des bovins (passeport et attestation sanitaire) à finaliser d’ici septembre 2027, en application de l’article 36 de la loi d'orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture du 24 mars 2025.
L’outil déployé devrait être simple d’utilisation pour l’ensemble de la filière, de l’éleveur jusqu’à l’abatteur en passant par le transporteur. Il permettra de gagner en fiabilité et réactivité par rapport au papier.
Le programme de recherche « Elevages durables »
Piloté par l’INRAE et financé par France 2030 dans le cadre des PEPR (Programmes et équipements prioritaires de recherche) opérés par l’ANR, le projet « Elevages durables » a démarré en mars 2026. Doté de 45 millions d’euros sur 5 ans, son objectif est d’accompagner les filières animales vers plus de durabilité et d’assurer la souveraineté alimentaire de la France, avec des élevages:
- économiquement viables et attractifs pour les jeunes générations (Projet TRANSYSTOR)
- respectueux de l’environnement et des ressources (Projet CEDRE)
- prenant en compte le bien-être animal (Projet WELLFEST)
- résilients face aux épizooties/émergences sanitaires (Projets AVEEC, PRISM et VACCINS).
Les professionnels des instances de FranceAgriMer sont invités à participer au séminaire de lancement, prévu les 25 et 26 juin prochains.
Recherche et développement : le conseil vote les priorités CASDAR/PNDAR 2026
Le conseil s’est prononcé sur les priorités à retenir pour la sélection des projets déposés au titre du CASDAR 2026. Ces priorités s’articulent autour de deux axes principaux :
- Viser la multi performance et la durabilité
- Faire reconnaître scientifiquement les atouts des systèmes d’élevage français au niveau international.
31 projets ont été déposés dans le secteur des ruminants, dont 16 dans le cadre de l’AAP « Connaissances », 10 dans le cadre de l’AAP « Démultiplication » et 5 dans le cadre de l’AAP « Co-Innovations ».
La sélection des lauréats interviendra à la fin du premier semestre 2026.
Pour en savoir plus sur les aides du CASDAR.
Programmes opérationnels « Lait bio » et « Veaux sous la mère Label rouge »
- Lait bio : 5 demandes de programmes opérationnels déposées
Le dispositif des programmes opérationnels a été étendu en 2025 au secteur du lait biologique. Cinq organisations de producteurs ont déposé un dossier de programme opérationnel, pour un montant global qui excède le budget alloué de 5 millions d’euros. Un coefficient stabilisateur devra vraisemblablement être appliqué, après instruction des demandes.
- Programmes opérationnels veaux sous la mère Label rouge
Les paiements effectués pour 2024 s’élèvent à près de 1,8 million d’euros. Les montants prévisionnels agréés pour 2025 et 2026 atteignent près de 2,2 millions d’euros.
Programme « Lait et fruits à l’école » : future extension du dispositif aux petits déjeuners dans les départements et régions d’outre-mer ainsi qu’aux apprentis sur l’ensemble du territoire
Les nouveautés pour l’année scolaire 2026-2027 du programme européen « Lait et fruits à l’école » ont été présentées. Parmi les évolutions, il est proposé d'étendre le dispositif dans les départements et régions d’outre-mer pour permettre aux demandeurs d’aide de cumuler les distributions de produits éligibles le « matin » et au « goûter », ainsi que d’ouvrir l’éligibilité de la distribution du « matin » aux primaires des DROM (réservée aux collèges et lycées jusqu'à présent). Enfin, le dispositif devrait devenir éligible sur l’ensemble du territoire pour les apprentis du secondaire.