Souveraineté alimentaire : comprendre les enjeux
Date de publication : 25/02/2026
Auteurs : SSP et FranceAgriMer
Savez-vous vraiment ce qu'est la souveraineté alimentaire ? Au-delà des débats, découvrez comment se mesure concrètement l'indépendance agricole de la France grâce à ce livret pédagogique.
À l’occasion du Salon International de l’Agriculture, alors que le sujet est au cœur de l'actualité, ce document a été conçu pour donner à chacun – citoyens, journalistes ou professionnels – les clés de compréhension nécessaires. Il ne s'agit pas d'un rapport statistique détaillé, mais d'un outil pour décrypter les indicateurs, illustrés par des exemples simples sur l'ensemble des filières.
Un cadre législatif rénové
La notion de souveraineté alimentaire est désormais inscrite dans le marbre législatif via la Loi n° 2025-268 du 24 mars 2025. Elle englobe la capacité de la Nation à transformer et distribuer des produits sains, tout en maintenant une vocation exportatrice contributrice à la sécurité alimentaire mondiale.
Au-delà de l'autosuffisance théorique : TAA et TDI
Pour objectiver ce concept, l'analyse s'appuie sur deux indicateurs complémentaires :
- Le Taux d'Auto-Approvisionnement (TAA) : il mesure le ratio théorique entre production et consommation. Pour le blé tendre, le TAA est proche de 200 %, suggérant une forte capacité exportatrice, à l'inverse du riz pour lequel la production camaguaise est largement insuffisante par rapport à la consommation nationale.
Le Taux de Dépendance aux Importations (TDI) : cet indicateur révèle la part réelle de la consommation intérieure couverte par des produits étrangers.

Une réalité contrastée selon les filières
Si la filière céréalière reste un pilier de l'export, d'autres secteurs révèlent une dépendance structurelle. C'est le cas emblématique des fruits (agrumes, fruits tropicaux) ou de certains segments de la transformation laitière : la France exporte des fromages à haute valeur ajoutée (AOP) tout en important des "fromages ingrédients" pour l'industrie agroalimentaire.
Par ailleurs, la souveraineté ne s'arrête pas au produit fini : la dépendance aux intrants (engrais, machinisme), souvent oubliée des bilans purement alimentaires, est réintégrée ici au cœur de la réflexion.
Pour aller plus loin dans l'analyse des données chiffrées, vous pouvez consulter l'éclairage complet par les indicateurs de bilan sur le site de FranceAgriMer.
Dépasser les idées reçues
La souveraineté n’est pas l’autarcie
Être souverain, c’est maîtriser ses dépendances quand on ne produit pas certaines denrées que l’on consomme.
Le niveau de dépendance aux différents pays est un choix : la dépendance vis-à-vis de nos voisins européens n’est pas comparable au fait d’être dépendant de pays tiers.